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 Ce Qui Est Precieux

(D'entrée on a lu l'Apocalypse, chapitre 3.)

Dans la nature, toute chose est précieuse par son contenu. L'homme aussi est précieux pour la même raison : du fait même du contenu qui lui a été donné. Aussi précieux soit le contenu des choses, si vous ne montrez aucune attention à son sujet, ce contenu peut disparaître. Par exemple l'essence de rosé est précieuse, mais si on ne la conserve pas dans un flacon bien fermé elle s'évapore facilement. Il y a deux ans, je suis allé à Kazanlak et on m'offrit quelques flacons d'essence de rosé. Une fois rentré, je les ai accrochés au mur. Ils étaient bouchés. Au bout d'un certain temps, je jetai un coup d'œil aux flacons pour voir ce qu'il en était de l'essence de rosé : il m'apparut que les flacons étaient vides. Le cadeau s'était volatilisé. Toute chose précieuse doit être conservée avec précaution.

Beaucoup de gens parlent d'amour mais ils ne savent pas comment le garder : ils ne savent pas comment le mettre en pratique. La chose la plus incomprise est l'amour. De quoi est fait l'amour incompris ? De pommes de terre, de poireaux, d'oignons. Ainsi, il y a différentes sortes d'amour provenant de diverses sources. Il existe un amour solide; il existe un amour fragile, passager. Certains disent qu'ils ont frappé ou peiné quelqu'un par amour. Faire de la peine à quelqu'un, ce n'est pas de l'amour. Il est facile de parler mais il est difficile de mettre en pratique ce que l'on dit. On ne peut pas mettre en pratique tout ce que l'on dit. Penser que l'on peut tout faire, c'est vivre avec des idées préconçues et c'est se montrer sous un jour plus flatteur que ce qu'on est réellement. Même l'homme modeste désire se montrer sous un jour plus flatteur que ce qu'il est en réalité, mais aussitôt seul il se rend compte qu'il n'en est pas ainsi.

Un jour, j'étais en promenade dans un village de la région de Varna. En chemin je vis un petit chien qui portait un os dans sa gueule. Il trottait fièrement, plein de confiance en lui-même, la queue dressée. Mais voilà qu'apparaît un gros chien qui accourt vers le petit, grogne contre lui et lui demande : « Qui t'a donné le droit de porter cet os ? » Le petit chien eut peur, il laissa l'os et tenta de se sauver, mais le gros chien ne se tint pas pour satisfait. Il sauta sur le petit chien et le serra au point de l'étouffer. Le petit chien se défendit, il poussa des aboiements aigus et le supplia de le lâcher. J'observai quelle allait être la suite de cette rencontre. Le gros chien taquinait plutôt le petit chien, il s'amusait pour l'amener à la réalité. A la fin, il prit l'os et continua son chemin. Se voyant libre, le petit chien se mit à courir et rejoignit un peu plus loin un autre chien, plus petit que lui. Il se jeta sur lui, le renversa sur le dos et commença à l'étouffer. Il voulait ainsi lui signifier : « Je vais t'apprendre, moi, ce qu'est une bonne éducation comme j'ai été moi-même éduqué. »

Que voyons-nous actuellement dans la vie ? Chacun se conduit à l'égard du plus faible exactement comme les plus forts se sont conduits envers lui. Le plus fort demande au faible, lorsqu'il le rencontre : « Qui te donne le droit d'agir ainsi ? » Si un plus fort se trouve sur son chemin, lui aussi demande la même chose. Et le plus faible, à son tour, agit comme le plus fort lorsqu'il rencontre un plus faible que lui.

Quand j'observe mes contemporains, je me demande quel sera le pourcentage de ceux qui seront acceptés au Ciel. Si l'un d'eux entre au Ciel, je doute qu'il y passe même une semaine. Très vite, il sera pris de nostalgie et se dira : « Ce monde n'est pas fait pour moi. » Chacun apprécie le monde qui est en accord avec les exigences de son esprit, de son cœur et de son âme. Tout le monde ne comprend pas la vie de la même manière. Il y a une grande différence entre les conceptions des hommes. C'est de manière différente que les diverses régions de la Terre sont éclairées et réchauffées par le soleil. L'équateur est le plus ensoleillé, les pôles le sont moins.

On dit d'une personne qu'elle est bizarre. Pourquoi l'est-elle ? Parce qu'elle ne comprend pas la vie. Celui qui comprend la vie à la fois du point de vue de l'équateur et du pôle passe pour un homme moderne. Même parmi les écrivains on en trouve. A l'équateur, la vie se caractérise par une forte chaleur; au pôle par un froid intense. A cause du grand froid qui y règne, les pôles ne sont pas habités. Ce sont seulement des réserves d'énergie. De même que sur la Terre il y a deux pôles, de même il y a deux pôles en l'homme qui sont des réserves d'énergie; ils ne renferment pas de vie. Aux pôles, le jour et la nuit durent six mois chacun. Il y a là-bas de violentes tempêtes. A certains endroits, la glace atteint des épaisseurs de cinq à six mètres. Vous me direz que, dans ces conditions, il ne peut s'y développer aucune culture.

Sur la Terre, de façon générale, il ne peut exister aucune culture qui réponde à nos exigences. On peut le constater en voyant les importantes contradictions que connaissent les hommes. Certains se plaignent d'oublier facilement. Il est tout naturel qu'ils perdent la mémoire car ils n'ont pas développé suffisamment en eux le sens de l'ordre et de l'organisation. Us ne rangent pas les choses à leur place et les embrouillent. Observez ce que fait le typographe. Chaque lettre, chaque signe est rangé à sa place. Dès qu'il a utilisé une lettre, il la remet immédiatement à sa place. S'il ne range pas les lettres à leur place, il ne peut rien faire. Vous savez comment sont disposées les touches du piano. Chaque touche correspond à un certain ton. Celui qui sait jouer du piano frappe avec exactitude une certaine note. Si l'on ne sait pas jouer, on frappe au petit bonheur et on obtient une grande disharmonie. Ce genre de dissonance existe aussi dans les maisons. Vous entrez dans une maison et dès la porte vous constatez un grand désordre : la table, les chaises ne sont pas à leur place; la plupart des vêtement sont jetés sur les lits tandis que d'autres sont suspendus les uns sur les autres sans aucun ordre. Dans ces conditions, est-il possible de trouver ce qu'on cherche ? Dans ces conditions, est-il possible de se rappeler où on a mis quelque chose ?

Un de mes amis m'a raconté comment il chercha un jour sa pipe. Après avoir fumé, il l'avait laissée quelque part et ne se rappelait plus à quel endroit. Il demanda à sa femme et à sa fille si elles ne l'avaient pas vue. Tout le monde se mit à chercher mais personne ne put mettre la main dessus. Un peu plus tard, alors qu'il se touchait l'oreille, il y a trouvé sa pipe calée derrière l'oreille. Il l'avait lui-même mise là et il l'avait oubliée.

Ce que je vous dis n'est pas plus destiné à vous distraire qu'à vous décourager. Je ne veux pas non plus vous consoler. C'est un fait que votre pensée manque de concentration. Dans la vie, il faut pouvoir se concentrer. Que vous viviez dans ce monde ou dans l'autre, on exige de vous la même chose. Où est l'autre monde ? Si je vous dis où il est et si je vous dis que je vis aussi bien dans l'un que dans l'autre, vous ne me croirez pas. Si je vous dis que je viens du Soleil et que je vis là-bas, me croirez-vous? Un jour, je faisais le voyage en train de Sofia à Varna. Dans le compartiment, il y avait quelques Bulgares connus qui discutaient entre eux de questions politiques. A un moment donné, l'un d'eux se tourna vers moi et me demanda d'où j'étais. Je lui dis que j'étais du Soleil. « Est-ce possible ? - Oui; vous aussi vous êtes du Soleil mais vous l'avez oublié, seulement moi je le sais. » A quoi reconnaît-on que quelqu'un est du Soleil ? A sa vie qui est juste.

Les hommes qui sont du Soleil mènent une vie juste. Celui qui n'est pas du Soleil ne mène pas une vie juste. La Terre a fait partie du Soleil, plus tard elle s'en est détachée. Je vous dis : tous les hommes sont du soleil mais ils l'ont oublié. Chacun doit se demander où il a vécu avant que la Terre ne se sépare du Soleil. Vous me direz que cela cause une contradiction dans l'esprit humain. Selon moi, une contradiction naît lorsque l'esprit humain est préoccupé en même temps par deux idées différentes. Tant qu'une seule idée le préoccupe, il ne peut pas tomber dans la contradiction. Celui qui ne s'intéresse qu'à sa propre vie ne s'intéresse pas à la vie de la société. Il ressemble à la fourmi qui ne s'intéresse pas à ce qui lui est extérieur. Elle ne soupçonne pas qu'il y a la guerre en Europe. Le problème est différent si l'homme entretient dans son esprit l'idée de la vie divine. Cette idée est large. Elle embrasse toutes les formes de vie : individuelle, familiale, sociale et universelle. Quelle idée un homme contemporain se fait-il de Dieu, de la nature, de l'ordre et de l'organisation dans la vie ? Il considère tout cela comme le ferait un enfant. Ce n'est pas répréhensible mais il manque un élément dans sa compréhension. C'est comme si on dessinait une caricature en pensant qu'elle représente fidèlement l'homme. Pourquoi représenter l'homme au moyen d'une caricature ? De toute façon, ses traits sont déjà altérés. De nos jours, vous rencontrez peu de gens ayant gardé l'apparence qui leur a été donnée au commencement. Il est dit de l'homme qu'il a été fait à l'image et la ressemblance de Dieu, mais maintenant cette image s'est perdue. Beaucoup de peintres l'ont représentée, chacun y a ajouté quelque chose de personnel et c'est ce qui explique qu'elle soit caricaturale. Si un homme est né de parents irascibles et qu'il évolue dans ce genre de milieu, son nez devient long et sec. Pour modifier son nez, il a besoin d'eau. L'air que respirent les gens irascibles contient plus de dioxyde de carbone qu'il ne faut. Ainsi, l'homme irascible souffre d'un manque d'eau et d'un excès de dioxyde de carbone. L'organisme humain a besoin d'une certaine quantité d'eau. Si cette quantité ne lui est pas fournie, il souffre de sécheresse. L'eau est indispensable à l'organisme humain mais pas le dioxyde de carbone. Les plantes, en revanche, ne peuvent s'en passer. Pour elles, il est un facteur nécessaire.

Quelles conditions sont nécessaires à l'homme ? La lumière, l'air, l'eau et la nourriture. Toute chose se développe en présence de conditions spécifiques. Ainsi le chiffre un, en tant que quantité vivante dans la vie organique, a besoin de certaines conditions. Le zéro, par exemple, est une condition de son développement. Si l'on met un zéro à la droite du un, il devient dix fois plus important et il devient cent fois plus important si l'on en met deux. Quand le chiffre un devient dix fois plus important, cela veut dire qu'il subit dix changements intérieurs, ou encore qu'il fait le tour du cercle dix fois. Sous le terme de " un ", j'ai en vue l'existence d'un Dieu unique dans la Création, et il forme un tout uni; il est indivisible. Dieu ne connaît pas de dédoublement. Le chiffre deux sous-entend un reflet de la nature entière, de toute la Création. Ensemble, le un et le deux donnent le trois, première phase dans la manifestation de la Création, et cela justement dans la maison où le un est le père, le deux la mère et le trois l'enfant. On dit de Dieu qu'il a trois visages, ce qui veut dire qu'il se manifeste en tant que père, mère et fils. L'homme aussi doit avoir un sentiment filial à l'égard de son père. En tant que père, Dieu doit se manifester d'une certaine manière, en tant que mère, il doit se manifester d'une autre manière et en tant que fils d'une autre manière encore. Le Christ dit : « Mon père et moi ne faisons qu'un. » Cela veut dire que le père et le fils ne font qu'un. En même temps le Christ dit : « Mon père est plus grand que moi. » Les hommes parlent de Dieu et ils lui attribuent toute chose. Cela signifie qu'ils ne Le connaissent pas. Le concept de Dieu ne doit pas être dénaturé. L'homme n'a pas le droit de dénaturer l'image de Dieu. Certaines choses ont été créées par Dieu, mais tout n'est pas l'œuvre de Dieu. Les ombres, par exemple, ne sont pas l'œuvre de Dieu. Dans le monde divin, il n'y a pas d'ombre possible. C'est le monde de la lumière éternelle. La lumière sans ombre, est-ce possible ? Dans le monde divin, la lumière la plus faible passe pour l'ombre de la plus éclatante lumière. Dans le monde physique l'obscurité est l'ombre de la lumière, tandis que dans le monde divin c'est la lumière la plus faible qui est l'ombre de la lumière éclatante.

Si l'on considère la lumière et l'obscurité comme des pôles, nous en venons tout naturellement au bien et au mal en tant que pôles, eux aussi. Le bien est le pôle de la lumière, le mal est le pôle de l'obscurité. La lumière et le bien stimulent l'activité en l'homme, tandis que l'obscurité et le mal rendent l'homme passif. Il recherche les moyens de ne rien faire. On dit que les gens mauvais sont travailleurs mais c'est une illusion. Seuls les bons travaillent. Les mauvais se caractérisent par l'inertie. Ils ne peuvent pas travailler. Celui qui exploite le travail des autres est mauvais. L'homme bon est lumière : il travaille avec cœur et amour. Si le mauvais commence un travail, il considère tout de manière superficielle, il ne se dit pas qu'il doit tout achever. S'il est question de salaire, il est le premier à venir le toucher; il n'a qu'une idée en tête : comment se faire payer davantage.

Certains demandent pourquoi il faut prier et ils disent : « Puisqu'il y a des hommes bons, ils travailleront pour nous et nous allons profiter de leur travail. Puisqu'il y a des gens pieux, ils vont prier et, lorsqu'ils iront au Ciel, nous, nous nous accrocherons à leurs jambes. » C'est bien, mais lorsque le juste va au Ciel ses jambes se raccourcissent au point qu'il n'en a plus. A quelles jambes, dans ce cas, allez-vous vous accrocher ? Les jambes physiques de l'homme restent sur terre, vous n'aurez plus rien pour vous accrocher. Vos mains aussi resteront ici. Alors, avec quoi al lez-vous vous accrocher ? Il ne faut pas dire de telles choses. Le bon élève résout tout seul ses problèmes. Doit-il s'ensuivre que l'élève plus faible doit tout copier sur l'autre ? Aussi doué soit-il dans l'art de copier, le maître le surveille attentivement et il le surprendra. Certaines choses doivent être connues par l'élève lui-même; il ne doit pas attendre qu'elles lui tombent du Ciel. Le maître est une condition nécessaire à l'apprentissage de l'élève, mais ce dernier doit apprendre, développer ses dons. Celui qui fixe son attention sur ce qui a été mis en lui se développe correctement et sans problèmes. C'est pourquoi il est dit que l'homme ne doit pas se trahir lui-même.

Comment les capacités et les dons se manifestent-ils ? A travers l'intellect, le cœur et l'âme. Si vous ne connaissez pas votre intellect, votre cœur et votre âme, comment connaîtrez-vous la vie ? La vie est un résultat. Dans ce résultat, nous avons deux situations : la joie et la tristesse. Pourquoi les souffrances existent-elles ? Elles sont le dos de l'homme. L'homme peut-il avoir un visage sans avoir de dos ? A partir du moment où vous avez un visage, vous avez aussi un dos. Et inversement, à partir du moment où vous avez un dos, vous aurez aussi un visage. Si vous n'aviez pas de dos, vous auriez un second visage. Et ça, c'est un homme à deux faces, c'est-à-dire un hypocrite. D'un homme qui a deux visages, on dit qu'il mène un double jeu, c'est-à-dire qu'il est dénaturé. Le dos aussi représente le visage dénaturé de l'homme.

Lorsque quelqu'un vous tourne le dos, vous dites qu'il n'est pas du même monde que vous. A partir du moment où il vous présente son visage, il est du même monde que vous. Lorsque les hommes se tournent le dos, c'est qu'ils sont fâchés les uns contre les autres. Lorsque quelqu'un vous tourne le dos, vous vous vexez. Pourquoi vous vexez-vous ? C'est parce qu'il veut vous faire comprendre qu'il n'est pas du même monde que vous. Cet homme aime la vérité, il vous dit qu'il n'est pas du même monde que vous. Si vous aimez la vérité, vous aussi vous aurez les mêmes justificatifs que lui.

Un Bulgare était parti à l'étranger avec un passeport. Quand on lui demanda de quelle nationalité il était, il sortit son passeport et le montra. C'est ainsi qu'il fit valoir sa nationalité. Si vous n'avez pas de passeport bulgare, vous n'êtes pas bulgare. La nature elle aussi vous demande si vous êtes bulgare ou non. Si vous avez un passeport, vous êtes bulgare; si vous n'en avez pas, vous n'êtes pas bulgare. Un passeport est exigé de tout le monde afin que chacun puisse prouver sa nationalité. En réalité, il n'y a pas de différence entre les gens de diverses nationalités. Pourquoi ? Tous respirent, boivent de l'eau, se nourrissent de la même manière. La différence entre le Juif et le Bulgare réside dans la manière dont ils écrivent : l'hébreu s'écrit de droite à gauche et le bulgare de gauche à droite. Le chinois s'écrit de haut en bas. Si vous examinez le crâne du Français et du Grec, vous verrez qu'ils se ressemblent beaucoup. De même, le crâne du Juif et celui du Slave se ressemblent. Aussi bien chez l'un que chez l'autre le sentiment religieux est fortement développé. La différence qui existe entre eux tient à la compassion. Chez le Slave, la compassion est bien développée.

Dans un article écrit en anglais, on trouve un exemple intéressant de la vie en Russie au temps des tsars. L'article est intitulé « L'avenir appartient aux slaves ». On avait accusé une pauvre veuve, mère de trois jeunes enfants d'avoir mis le feu à la maison d'un grand propriétaire terrien. Elle fut condamnée à quinze ans de prison qu'elle devait purger en Sibérie. Un jeune homme, un vagabond sans père ni mère, entendit parler de cette histoire et il se dit : « Je suis un orphelin sur cette Terre, personne n'a besoin de moi, je ne suis utile à personne; je suis méprisé et rejeté de tous. Je vais me sacrifier pour cette pauvre veuve. A qui va-t-elle pouvoir confier ses enfants ? » II alla au tribunal et dit : « Celui qui a mis le feu à la maison, c'est moi et non pas la veuve. » Ayant entendu cet aveu, les juges durent modifier la sentence et ils envoyèrent le jeune homme en Sibérie au lieu de la pauvre veuve. Au bout de dix années, on découvrit qui était le vrai coupable. On ordonna donc la libération du jeune homme mais il apparut qu'il ne faisait déjà plus partie des vivants.

En lisant cet exemple, vous vous demanderez qui était ce jeune homme. Ce n'était ni un évangéliste ni un adepte du Nouvel Enseignement. Qu'était-il dans ce cas ? Un homme né avec le sens du sacrifice et de l'altruisme. Ce sens, chaque homme le porte en soi, mais il doit être prêt à le manifester. S'il faut que l'homme soit dès maintenant un évangéliste ou un adepte du Nouvel Enseignement, c'est perdu d'avance. Si vous êtes né avec le sens du nouveau, de l'altruisme, vous êtes l'homme qu'il faut. Nul n'a le droit de nier ce qui a été mis en lui. Il n'est pas de plus grand crime pour l'homme que de nier ce que Dieu a mis en lui. Certains veulent qu'on les paye en retour pour tout ce qu'ils font. Si on vous paye tout en retour quand vous êtes encore sur la Terre, dans l'autre monde vous serez le plus pauvre parmi les pauvres.

Son heure étant venue, un milliardaire américain mourut. Etant donné qu'il avait occupé la première place sur la Terre, il alla directement chez saint Pierre pour qu'on lui ouvre la porte du Paradis.

— Attends un peu, lui dit-on; avant d'entrer, il faut

que soit examinée la vie que tu as menée afin de voir quels

bienfaits tu as accomplis.

— J'ai fait construire une grande église.

— Est-ce qu'on t'a manifesté de la reconnaissance ?

— Je pense bien; tous les journaux ont parlé de moi.

— Donc, tu a été payé pour cette bonne action. As-tu fait une autre bonne action ?

— Avec ma fortune, j'ai fait constuire une université.

— Comment t'a-t-on remercié ?

— On a encore parlé de moi dans les journaux et, de plus, on m'a nommé membre d'honneur de l'université.

— Pour cela aussi tu as reçu ton salaire. Essaye donc de te souvenir d'une bonne action que tu aurais faite sans avoir été payé en retour.

Le milliardaire fit un effort pour se concentrer et il se mit à réfléchir. Il se souvint enfin qu'un jour, juste au moment où il allait entrer dans l'immeuble où était son bureau, il avait été abordé par une pauvre veuve qui avait sollicité son aide. Comme il était très pressé et qu'il n'avait pas le temps de s'arrêter, il lui avait lancé un dollar. La pauvre femme avait pris le dollar et il s'était ainsi libéré.

- Voilà une bonne action qui nécessite que nous nous adressions à Dieu afin qu'il résolve le problème.

Il allèrent voir Dieu et lui exposèrent le cas; Dieu dit : « Donnez deux dollars à ce milliardaire et renvoyez-le sur la Terre. »

Tout homme a besoin des biens de Dieu. Par conséquent, tout ce que vous faites, faites-le pour Dieu, n'attendez pas de reconnaissance. Si vous avez prêché la bonne parole, n'attendez pas de récompense, mais demandez-vous si les gens ont appris quelque chose de bien. Si vous êtes musicien ou chanteur, avant de faire des concerts publics, voyez si vos musiciens ou vos chanteurs peuvent améliorer le temps. Si le temps est nuageux ou pluvieux et que la Terre n'a pas besoin de pluie, le bon chant doit améliorer le temps. Si c'est la pleine sécheresse, le bon chant ou le bon jeu doit apporter la pluie. Si le chant n'apporte pas de lumière dans notre intellect, de chaleur dans notre cœur et une impulsion dans notre âme, à quoi sert-il ? Si le pain ne peut apporter à notre organisme les éléments nécessaires à son entretien, à quoi sert-il ? Si l'eau ne peut pas apaiser notre soif, à quoi sert-elle ? Si la prière ne peut pas nous mettre en contact avec le monde élevé, à quoi sert-elle ? Vous direz que vous priez. Vous n'êtes pas les seuls à prier; tous les êtres vivants prient de différentes manières. La prière n'est pas un privilège réservé seulement à l'homme. L'important, quand vous priez, c'est d'apprendre la langue divine. Celui qui ne prie pas ne peut pas apprendre cette langue ni entrer en contact avec le monde divin. En priant, vous entrerez dans le monde divin, vous rencontrerez des êtres raisonnables, vous saurez vous comporter avec eux, leur dire bonjour, les saluer.

Comment entrerez-vous dans le monde d'en haut ? Cela, chacun l'apprendra par lui-même. Certains sont des voyants, ils le savent. En Bulgarie, il y a un nombre assez important de voyants, grands ou petits, des prophètes, grands ou petits. Certains prophètes ne parlent que du passé par périphrase. Untel aurait dit ceci, un autre aurait dit cela. Tous disent qu'il faut nous aimer les uns les autres. Ce n'est pas nouveau. « Soyons justes», cela non plus, ce n'est pas nouveau. Qu'est-ce qui est nouveau en ce monde ? Il y a bien des années, en Amérique, on a affiché une récompense de mille dollars pour celui qui produirait une nouvelle idée jamais exprimée par qui que ce soit.

Aujourd'hui encore, la récompense n'a pas été attribuée, il ne s'est trouvé personne pour exprimer une idée neuve. C'est pour cette raison qu'il est écrit dans la Bible qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

Aujourd'hui, on prêche partout devant tous les hommes afin de les convertir à Dieu. Vous ne pouvez convertir aucun homme à Dieu si vous ne l'aimez pas. Sans amour, aucune conversion n'est possible. Le Christ dit : « De la même façon que mon père m'a aimé, de la même façon je vous ai aimés. » Voilà une conversion authentique. Il suffit d'aimer l'homme pour l'aider à trouver le droit chemin. Il n'est rien de plus précieux dans la vie que l'amour. Il conduit l'homme à la connaissance de ce monde comme de l'autre. Si vous comprenez la vie terrestre, vous comprendrez également la vie céleste. Entre la vie terrestre et la vie céleste, il y a une certaine ressemblance. La vie terrestre cache en elle l'embryon de la vie céleste. L'amour descend du monde spirituel et vient se planter, telle une graine, dans la vie physique. Afin de comprendre correctement l'amour, il faut le semer dans un bon terrain, dans des conditions favorables et prendre soin de lui, jusqu'à ce qu'il donne des fruits. Si vous le plantez dans un mauvais sol et dans de mauvaises conditions, il va s'altérer. C'est à cela qu'est due l'altération de l'amour. Tous aspirent à l'amour qu'ils ont jadis connu. Mais en venant sur la Terre, l'homme a appliqué l'amour humainement et il l'a altéré.

Le monde physique est un champ d'expérimentation où l'on plante et où on cultive les idées. Les fruits qu'elles donnent dépendent du terrain et des soins apportés aux graines. Il est dit : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. » Dans le monde invisible, il n'y a pas de fautes comme il y en a sur la Terre. Là-bas, les feuilles des arbres ne brunissent pas et ne tombent pas comme le font celles de la Terre. On me demande souvent si nous nous reconnaîtrons les uns les autres dans l'autre monde. Là-bas, seuls ceux qui s'aiment se reconnaissent. Dans le monde invisible, vous ne pouvez pas rencontrez une seule personne que vous n'aimez pas. Sur la Terre, les gens se reconnaissent parce qu'ils sont différents extérieurement, physiquement. Dans le monde spirituel, c'est juste le contraire : extérieurement, les êtres se ressemblent, c'est intérieurement qu'ils sont différents. Il faut avoir le don de voir à l'intérieur des choses pour distinguer les hommes entre eux. Sur la Terre, les hommes ont quelques idées en commun, ils s'intéressent aux mêmes questions, mais la différence entre eux réside dans la manière dont ils reçoivent et cultivent ces idées. Vous allez citer le verset dans lequel il est dit : « Vous êtes le temple de Dieu. » II en était ainsi au commencement, avant le péché originel. Après la chute, l'homme a introduit dans son corps des éléments dont la nature ne permet pas à Dieu de vivre en lui. Quelqu'un mange de la viande de porc et introduit des cellules de porc dans son corps. Etant donné que le porc est extrêmement peureux, l'homme aussi devient peureux. Dieu ne vit pas dans un tel corps. Un autre est grossier, brutal. Dieu ne vit pas dans un tel corps. Un autre est égoïste et avare; Dieu ne vit pas dans un tel corps. Pouvez-vous croire, en ce cas, que Dieu vit en vous ?

Je dis : si les gens continuent à vivre avec leurs anciennes conceptions, ils s'étoufferont bientôt. La pensée humaine, les convictions humaines doivent être aérées. Si les hommes continuent à vivre seulement avec l'amour humain, ils s'étoufferont. Ils ne vivent et respirent librement que grâce à l'Esprit de Dieu qui entre en eux et se manifeste par leur intermédiaire. Il est dit que nous vivons et que nous nous mouvons en Dieu. Nous vivons en Dieu, mais Lui ne vit pas en nous. Soyons reconnaissants de ce qu'il nous envoie son amour par l'intermédiaire de son Esprit qui nous remplit et nous apporte la vie. Sinon, nous sommes perdus. Beaucoup de gens parlent de Dieu, de l'amour, de la prière, mais ils ne veulent pas travailler. J'ai eu la visite de telles personnes; elles font de la philosophie et prennent de mon temps. Quand je les pousse à travailler, elles s'en vont tout de suite. Moi je pioche, eux aussi ils doivent piocher. A les entendre, ils ne pourraient pas piocher, ils transpireraient. S'ils transpirent, ils changeront. Ils se feront au moins un bain de sueur. C'est un moyen de se soigner. Le monde a besoin de gens conscients, travailleurs.

Dans le futur, les gens pieux feront leur prière d'une autre manière et non pas comme ils le font maintenant, en s'agenouillant. Le fait de s'agenouiller sous-entend que l'on se trouve dans de mauvaises conditions. Celui que l'on frappe se met à genoux et supplie. Dans l'avenir, vous piocherez et vous prierez. Le monde divin exclut la génuflexion. Les croyants prient de diverses manières. Les évangélistes s'agenouillent, c'est-à-dire qu'ils prient avec leur cœur, l'endroit le plus délicat en l'homme. Les orthodoxes prient debout, c'est-à-dire avec leur intelligence. De celui qui prie assis, on dit qu'il prie avec son estomac. Si vous priez avec votre âme, alors votre lumière, votre chaleur et votre force participent à votre prière. Il n'est pas de plus belle poésie dans la vie que la prière, c'est-à-dire le dialogue avec Dieu. Vous prierez sans vous plaindre. Est-il nécessaire de raconter vos souffrances à Dieu ? Qui ne souffre pas en ce monde ? En outre, qui a souffert autant que Dieu ou plus que Lui ? Personne n'a souffert autant que Dieu et cela sans l'avoir dit à personne. Dieu donne mille biens aux hommes mais ils n'en disposent pas comme il le faudrait. Dieu voit tout et II se tait; II ne dit rien. Tout ce qui arrive, II le voit, II supporte tout en silence et avec résignation. Et ce n'est pas tout : chacun se fâche et bougonne parce qu'on ne lui enlève pas sa souffrance. Quel mal y a-t-il dans les souffrances ? Un homme en particulier n'est pas seul à souffrir, tous les hommes souffrent! Si quelqu'un se plaint beaucoup de ses souffrances, cela montre qu'il commence à peine à souffrir.

Il y a des années de cela, un homme pauvre vint me voir pour me demander du pain. Il me dit : « Je vais mourir de faim, cela fait six heures que j'ai faim. Je n'ai pas mis une seule miette dans ma bouche. » Je lui dis : « N'aie pas peur, tu ne mourras pas de faim. Nous avons fait des expériences : nous jeûnons pendant vingt-quatre heures, deux jours ou trois, et même plus. Certains jeûnent pendant dix jours et davantage, et toi tu n'as pas mangé depuis six heures seulement et tu dis que tu vas mourir de faim ! »

Pendant le jeûne, l'homme renforce sa volonté et se libère de la peur de mourir de faim. Le jeûne guérit. Si l'on souffre de rhumatismes ou d'une autre maladie, on peut guérir par le jeûne. On doit ressentir du plaisir à avoir faim. La faim purifie le corps, les pores s'ouvrent, la respiration devient plus profonde. La faim fait entrer plus de lumière dans l'intelligence. Dès les temps les plus reculés, les hommes se soignaient par le jeûne. Les hommes d'aujourd'hui ont peur d'un long jeûne, aussi recommandent-ils de manger davantage, mais cela fait plaisir de rencontrer un homme de quatre-vingts ou de quatre-vingt-dix ans alerte, à l'esprit lucide et au cœur plein d'amour. Il a conservé sa vigueur grâce à une nourriture mesurée. Cela peut-il faire plaisir de rencontrer un homme de quarante-cinq ans et de l'entendre dire qu'il est déjà vieux et qu'il n'est plus bon à rien ? Selon ses dires, il désespère de la vie, il n'aime ni les jeunes ni les vieux et rien ne le satisfait.

Veillez à prendre la vie avec joie. Voyez ce qu'il y a de bien chez le jeune homme, chez l'adulte et chez le vieillard. Je rencontre une petite vieille bien habillée, bien coiffée. Elle a gardé ce qu'il y a de jeune en elle. Je lui dis : « Grand-mère, quand tu étais une jeune fille de dix-neuf ans, tu as séduit un jeune homme qui est mort de chagrin pour toi. - Qui t'a dit cela ? - C'est sans importance. C'est bien vrai, n'est-ce pas ?-Oui, c'est vrai. Que faire maintenant ? - Tu vas prier pour rajeunir. Si tu rajeunis et redeviens une jeune fille de dix-neuf ans, tu chercheras ce jeune homme afin de réparer ta faute. »

Les gens se mettent dans des situations ridicules en parlant de l'amour sans le comprendre. Ce qu'ils appellent l'amour n'est en rien de l'amour. Vous dites : « J'aime cet homme. » Vous l'aimez mais vous ronchonnez contre lui. Un amour qui bougonne n'en est pas un vrai. C'est une transaction commerciale. L'amour est patient. Vous dites que votre cœur brûle d'amour mais vous n'êtes pas contents parce qu'on ne vous estime pas. Ne cherchez pas à être estimés, il faut aimer. C'est justement de cette manière que vous deviendrez des hommes. Si vous n'aimez pas, vous tomberez malades. L'amour est une force créatrice. Aimer et être aimé, c'est une bénédiction pour tous les deux. On ne peut trouver d'exemple dans la vie où deux personnes se sont aimées et en ont souffert. C'est impossible. S'ils ne se sont pas aimés, il est possible qu'ils aient souffert, mais l'inverse n'est pas vrai. L'amour exclut la souffrance. Certains tentent de se persuader du contraire. Non, ce n'est pas vrai, l'amour apporte joie et bonheur.

Nous ne parlons pas de l'amour qui repose sur des bases mercantiles, intéressées. Nous parlons de l'amour divin. Qu'est-ce qu'un amour qui rend l'homme paresseux et le conduit à tout attendre de son bien-aimé ou de sa bien-aimée ? L'être humain se comporte avec Dieu de la même manière qu'il se comporte avec son bien-aimé ou avec sa bien-aimée. Tant que la bénédiction et les bienfaits lui viennent d'en-haut, il aime Dieu. Dès que ces bienfaits cessent, il se détache de Dieu sous prétexte que Dieu l'a oublié. En réalité, c'est lui qui a oublié Dieu et c'est pourquoi il ne reçoit plus de bienfaits. Celui qui aime vraiment est prêt à accepter toutes sortes de sacrifices. Il fait preuve d'attention même à l'égard des pierres et des plantes. Lorsqu'il voit qu'une petite pierre n'est pas à sa place, il se baisse et la remet en place. S'il voit qu'une roche est tombée sur la racine d'une plante, il l'enlève et la met de côté. S'il voit dans la forêt une source envahie par les herbes, il s'arrête pour l'en débarrasser. Celui qui aime est prêt à aider tout le monde. L'amour se manifeste dans les petites choses comme dans les grandes. Il se comporte de la même manière à l'égard de la fourmi et de l'homme. Si le chien aboie après vous, ne lui jetez pas une pierre mais donnez-lui un morceau de pain. Quand vous lui en aurez donné deux ou trois, il sera votre ami.

Certains disent : « Je suis un évangéliste. » D'autres disent: « Je suis un orthodoxe. » D'autre, disent encore : « Je suis un occultiste. » C'est bien que vous soyez évangéliste, orthodoxe ou occultiste, mais ce n'est pas nouveau. Il y a toujours eu des évangélistes, des orthodoxes et des occultistes. L'important, c'est de faire quelque chose et de retirer des fruits de ce que l'on a fait. Si vous êtes Ivan, c'est bien. Vous êtes Dragan, c'est bien aussi. Mais ce qu'il faut, c'est qu'Ivan laboure le champ et que Dragan fasse les semailles. Si aucun d'eux ne fait son travail et n'en récolte les fruits, Ivan n'est pas Ivan et Dragan n'est pas Dragan. Le prénom Dragan a pour signification " fruit mûr ". Le Christ a changé le nom de Simon; il lui a donné celui de Pierre. Que signifie le prénom de Pierre ? Un fruit mûr. Ce fruit mûrissait difficilement. C'était un grand conservateur; il s'accrochait solidement au passé. Malgré tout, il dit au Christ : « Même si tous te renient, moi, Pierre, je ne te renierai pas. » Le Christ lui répondit: « Avant que le coq ne chante, tu m'auras renié trois fois. »

Le Christ dit : « Ne jugez pas afin de ne pas être jugés. » Moi, je ne vous juge pas et vous non plus vous n'avez pas à juger. Juger, c'est une habitude du passé. Pourquoi juger quelqu'un sous prétexte qu'il ne parle pas bien ou qu'il n'écrit pas bien ? Vous parlez ou écrivez comme on vous a appris à le faire. Untel parle bien le français ou l'allemand : c'est que son professeur était bon. Bien connaître la matière qu'on a apprise, cela dépend à la fois du professeur et de soi-même en tant qu'élève. Soyez reconnaissants pour la connaissance que vous acquérez aujourd'hui mais travaillez aussi pour ne pas en rester là. Le matin, vous émergez du sommeil, vous vous regardez dans le miroir : soyez reconnaissant du front, du nez, de la bouche, du corps que Dieu vous a donnés. Vous vous regardez et vous n'êtes pas satisfait, vous n'êtes pas reconnaissant. Quel que vous soyez, remerciez pour tous. Votre teint a jauni : soyez néanmoins reconnaissant et cherchez la raison pour laquelle vous avez jauni. La raison de ce teint réside dans le manque de lumière de votre intellect. Un visage jaune indique un certain penchant à la maladie. Cette couleur doit entrer dans votre intellect pour que vous deveniez intelligent. Untel a pris un teint sombre : c'est aussi un état maladif. Le noir est la couleur du repos. Il faut faire entrer cette couleur dans votre estomac pour qu'elle aide à la digestion.

Quoi que l'on dise sur les couleurs et leur signification, il restera toujours quelque chose d'incompréhensible. Il faut ouvrir une école spéciale pour qu'on y étudie les couleurs comme méthode pour vivre correctement. Il faut faire une expérience avec dix sœurs âgées de quarante-cinq à quatre-vingts ans afin d'observer de quelle manière leur visage se transformera sous l'influence de certaines couleurs. Dans le courant d'une année, il peut se produire un changement, il est possible qu'elles rajeunissent. Chacun doit renier ses connaissances passées, être prêt à apprendre et ne se laisser perturber par rien. Maintenant, les hommes sont bouleversés par la guerre. C'est sur Terre qu'on se bat. Il n'y a pas de guerre dans la totalité de l'univers. Il n'y a pas de guerre sur le Soleil, il n'y a pas de guerre sur Jupiter. Sur Mars, la guerre existe. Depuis les planètes qui ne connaissent pas la guerre, on envoie des délégations pour voir comment les gens se battent, de quelles armes ils se servent. Les êtres élevés peuvent faire cesser la guerre sur la Terre avec un seul obus. Il suffit qu'ils lancent la Lune contre la Terre pour produire un cataclysme capable de faire voler les hommes dans l'espace à une altitude de plusieurs kilomètres. Ils disent aux hommes : « Ne vous battez pas. Il fut un temps où nous aussi nous nous battions comme vous, mais maintenant nous ne tolérons plus aucune guerre parmi nous. Votre intelligence doit être éclairée, elle doit réfléchir. Vous vous battez pour la terre et le droit. La terre, vous la possédez, le droit, vous l'avez également. Une seule chose vous est nécessaire : l'amour; une seule chose vous est nécessaire : accomplir la volonté de Dieu. Si vous recevez l'amour et accomplissez la volonté divine, la paix viendra sur la Terre. »

Comment le monde se corrigera-t-il ? Comment ce monde deviendra-t-il meilleur ? De deux manières. La première est la suivante : endormir tous les soldats et les désarmer. Lorsqu'ils se réveilleront, ils verront qu'ils n'ont plus aucune arme à la main. Comment feront-ils la guerre sans armes ? La seconde manière est celle-ci : enflammer l'air et tout faire fondre, tout faire brûler. Moi, je dis : endormez le mal en vous. Endormez vos mauvaises pensées et vos mauvais désirs. Que les gens se battent, que les peuples se battent : Anglais, Américains, Russes, Allemands, cela les regarde. Ce qui vous concerne c'est de vous améliorer. Que chacun se mette à endormir le mal et à donner libre cours au bien en lui. Que chacun accueille l'amour et laisse Dieu régner en lui. Que chacun ouvre son intelligence à la connaissance divine, son cœur à l'amour divin, sa volonté à la liberté divine. Que chacun vive comme Dieu le lui a enseigné, sans attendre qu'on le lui apprenne de l'extérieur. Si l'homme attend encore qu'on lui apprenne à vivre, il est perdu. Comment la vie se manifeste-t-elle ? Par la réception de la lumière nécessaire pour l'intelligence, par la réception de la chaleur nécessaire pour le cœur et par la réception de la force de la matière nécessaire pour l'édification de l'âme.

Les hommes ne réussissent pas parce que leurs pensées ne sont pas justes. Vous dites qu'on ne vous aime pas. C'est de vous qu'il dépend d'être aimé. Si le fil qui vous relie aux autres est ténu, faites en sorte de le renforcer. Un fil se casse facilement mais il est impossible de casser une grosse corde. Aimez une, deux, trois, quatre personnes et davantage, et vous verrez votre fil s'épaissir et devenir progressivement plus épais et solide; les petits fils qui le composent vont augmenter et en même temps augmenteront les bonnes dispositions des autres à votre égard. On peut faire l'expérience avec une petite fille. La première condition requise est qu'elle soit en bonne santé. A partir du moment où elle est en bonne santé, elle peut bien être pauvre et laide, en une année elle changera à tel point que tout le monde, jeunes et vieux, l'aimeront. Comment cela se fera-t-il ? De la même façon que l'homme peut être pris en haine, comme un homme peut devenir stupide, comme il peut devenir intelligent; comme il s'enlaidit, comme il peut embellir; comme on le déteste, comme on peut l'aimer. Vous voulez que les gens vous aiment mais vous-même vous n'aimez pas. Dites-vous : comme Dieu aime cet homme, je vais aussi l'aimer. Comment vais-je reconnaître que Dieu l'aime ? En regarde quelle est la situation de cet homme chez lui. Si sa femme et ses enfants l'aiment, si ses affaires marchent bien, c'est que Dieu l'aime. Vous direz qu'il est écrit de ne pas aimer certaines personnes. Laissez cela de côté. L'ancien cède la place au nouveau.

Une nouvelle Bible s'écrit aujourd'hui. Un nouvel évangile. Ce n'est pas moi qui l'écris, c'est Dieu. Malheur à celui qui n'adopte pas le nouvel évangile ! Aujourd'hui encore les Juifs souffrent parce qu'ils n'ont pas adopté l'enseignement du Christ. Vous direz que l'évangile laissé par le Christ est assez mince. Celui que l'on écrit maintenant est plus mince encore. L'un des préceptes du nouvel évangile dit : « Honorez le divin qui est en l'homme ! » Lorsque vous écoutez un musicien, réjouissez-vous car il a un don divin. Lorsque vous lisez les vers d'un poète, réjouissez-vous car son don lui a été donné par Dieu. Lorsque vous bénéficiez des conseils d'un sage, réjouissez-vous de ce que Dieu l'ait envoyé parmi les hommes pour qu'il les instruise. Si vous rencontez un bel homme qui n'utilise pas sa beauté à mauvais escient, sachez que c'est Dieu qui l'a créé beau.

Tout ce qui est beau et bon vient de Dieu. Devant tout ce que vous voyez, demandez-vous si cela vient de Dieu ou des hommes. L'enfant qui se cache en l'homme est-il de Dieu ou non ? Le fait d'être âgé et de vieillir vient-il de Dieu ou non ? Tout ce avec quoi l'homme a une relation consciente vient de Dieu. Untel s'est marié et se plaint que sa femme ne correspond pas à ses souhaits. Ce mariage-là ne vient pas de Dieu. Un autre se plaint de sa pauvreté. Sa pauvreté ne vient pas de Dieu. C'est lui même qui est responsable de sa pauvreté.

Je vais vous raconter une légende tirée de la vie de Noé. Il n'avait qu'une seule fille mais elle était très belle et très sage. Trois jeunes gens en tombèrent amoureux et chacun voulait prendre pour femme la fille de Noé. Le premier dit : « Si je ne me marie pas avec cette jeune fille, la vie n'a plus de sens pour moi. » Le second dit : « Ou bien j'épouse la fille de Noé, ou bien je me tue et elle avec. » Et le troisième dit la même chose. Le père était dans un grand embarras, il ne savait que faire. Enfin il eut l'idée de transformer son ânesse et son chat en deux jeunes filles plus belles que sa fille et de les présenter aux trois candidats comme étant aussi ses filles. Les trois jeunes gens comparurent devant Noé et il leur dit : « J'ai trois filles, que chacun choisissent celle qui lui plaît. » Le premier candidat choisit la jeune fille qui provenait de l'ânesse; le second choisit celle qui provenait du chat. Le troisième choisit la vraie fille de Noé. Les trois candidats étaient satisfaits, chacun avait pris la fille de son choix.

Au bout d'un certain temps, Noé alla voir son premier gendre et lui demanda : « Es-tu content de ton choix ? - Oui, très content, nous sommes bien ensemble. Il arrive parfois que ma bien-aimée braie et donne des coups de pieds. - Sa mère aussi est comme ça. » II alla chez son second gendre et lui demanda comment ça allait, sa femme et lui. « On est bien ensemble, mais parfois elle griffe. — Sa mère est comme ça. » II alla aussi chez son troisième gendre. A la question comment ça va, avec ta femme ?, le gendre répondit : « Je te remercie, ma femme est très bonne, un vrai ange. » Noé se dit : « C'est elle ma vraie fille, elle me vient de Dieu. »

Que montre cette légende ? Que le mal reste le mal. On aura beau l'arroser abondamment, il ne peut se transformer. Quand bien même on dilue un acide et qu'ainsi on en diminue sa force, celui-ci n'en demeure pas moins un acide. Certains hésitent à adopter une idée, de peur de devenir autre. Il n'y a pas de quoi avoir peur. Vous changez sans vous en rendre compte. Vous vieillissez sans le vouloir et vous ne savez pas comment vous avez vieilli. Vous avez été jeune, énergique, vif, vous avez sauté de joie et un jour vous constatez que vous êtes voûté, que vous avez du mal à marcher et vous ne savez pas comment cela est arrivé. Je demande : comment se fait-il que vous ayez vieilli sans vous en rendre compte et sans le vouloir ? J'ai vieilli mais je ne sais pas comment.

Selon moi, le vieillissement est une accumulation de pensées inutiles et de désirs inutiles dans la conscience humaine. Ce superflu forme un dépôt dont l'homme doit purifier son intelligence, son cœur et sa conscience. C'est justement à ces dépôts qu'est dû un vieillissemnt prématuré. Celui qui ne fait pas entrer de pensées et de désirs superflus dans sa conscience acquiert des connaissances sans perdre sa force. Il conserve sa vigueur pendant des années et il vit dans la joie. Cela signifie qu'il garde sa jeunesse. L'homme jeune utilise l'amour mieux que le vieillard. Il se résigne facilement aux difficultés qu'il rencontre. C'est la raison pour laquelle le Christ dit : « Soyez comme les enfants. »

Un jour, j'observai deux petits enfants qui se battaient; l'un avait trois ans, l'autre deux. Ils étaient dans des poussettes tenues par leur mère. A un moment donné, l'une des mères a donné au plus petit des enfants une grosse pomme et au plus grand elle a donné une plus petite pomme. Alors celui-ci a approché la main de la poussette du plus petit, l'a attrapé par les cheveux puis lui a pris la pomme en lui lançant la sienne. Le plus petit regarda autour de lui et se mit à pleurer. Ensuite il saisit le plus grand par les cheveux et se mit à lui ôter la pomme de la bouche. Les mères s'en mêlèrent et mirent fin au conflit. Au bout de quelques instants, les deux enfants se réconcilièrent et se mirent à rire.

Je demande : qui a appris aux enfants à s'arracher les cheveux ? De manière générale, ce sont les femmes qui s'attrapent par les cheveux tandis que les hommes se battent avec des gourdins. Le bâton est une invention de l'homme. On prétend que le bâton provient du Paradis, mais ce n'est pas vrai. Au Paradis, il n'est pas permis de couper les arbres. Par conséquent, on voit mal d'où on pourrait prendre un bâton. Vous me direz que peut-être le bâton y a été apporté depuis la Terre. Cela aussi, c'est impossible. On ne peut apporter de la Terre au Paradis ni pensée, ni sentiment. Les pensées et les désirs terrestres diffèrent radicalement de ceux qui existent dans les cieux de par leur vibration. Le processus inverse est également impossible. Une pensée ne peut descendre du Ciel que lorsqu'elle a trouvé une intelligence qui convient à ses vibrations. L'abeille peut-elle concevoir une pensée humaine raisonnable ? On peut lui parler autant qu'on voudra, elle restera toujours étrangère à notre discours. A vous aussi je dis : aspirez aux pensées qui sont accessibles à votre intelligence. Aspirez aux sentiments qui sont accessibles à votre cœur. Aspirez à l'amour de Dieu qui est accessible à tous. Adoptez-le sans le dénaturer. C'est possible si vous renoncez à votre égoïsme. Ne dites pas que cet amour est destiné à vous seul. L'amour est un bien commun. La source est un bien commun. Vous en boirez tout comme les autres. Eux aussi en boiront, tout comme vous. Untel en aurait bu deux verres et vous seulement un : qu'est-ce que cela peut faire ? Chacun boira en fonction de sa soif. Si vous êtes plus assoiffé, vous boirez plus. Les moucherons, les plantes elles aussi, les animaux également ont le droit de boire à la même source. L'amour entre dans tous les êtres vivants. La différence qui existe entre les êtres vivants se mesure au degré de lumière, de feu sacré qu'ils contiennent, ainsi qu'au degré de leur force. Plus nous nous élevons dans l'échelle de la vie, plus grande est la lumière, plus grand est le feu sacré, plus grande est la force. C'est cela qui fait la différence entre les plantes et l'animal, entre l'animal et l'homme, entre l'homme et l'ange. Plus nous recevons de lumière et plus nous sommes proches de Dieu. Plus le feu sacré brille, plus notre amour est fort. Plus la force divine est grande en nous, plus grande est notre assurance que nous sommes sur le droit chemin de la vie.

Retenez ceci : celui qui veut garder la lumière de son intelligence, la chaleur de son cœur et la force de son âme doit savoir concentrer son attention. Aucun dédoublement de l'esprit n'est toléré. A partir du moment où son esprit est concentré, l'homme se souvient de tout ce qu'il lit, apprend et dit. Le moindre dédoublement de l'esprit provoque une diminution de la mémoire. Quelqu'un pense que personne ne l'aime. Une telle pensée est la cause d'un dédoublement de son esprit. Si personne ne l'aimait, il n'aurait pas posé le pied sur la Terre. Dès lors que son pied a touché la Terre, c'est que quelqu'un l'aime. Même le pire des hommes est aimé de quelqu'un. L'affection sous-entend des bienfaits. Plus on aime quelqu'un, plus on lui prodigue de bienfaits. Si l'on prodigue beaucoup de bienfaits à un homme mauvais, il devient encore plus mauvais. Si l'on donne à un enfant les biens de son père, devient-il pour autant semblable à ce dernier ? L'enfant mangera comme un enfant. Dès lors qu'il aura grandi et sera devenu comme son père,il mangera autant que celui-ci. Chaque homme jouira des biens de la vie suivant le degré de développement qu'il aura atteint. Vous voulez jouir des biens d'un saint. Pouvez-vous supporter ses souffrances ? L'apôtre Paul dit : « Je pourrais me glorifier de mes souffrances. » Pouvez-vous, comme lui, supporter vos souffrances dans la joie ?

Beaucoup de gens désirent avoir la grâce du Christ. Peuvent-ils porter la croix du Christ ? Le Christ est passé par des épreuves qu'aucun être humain ordinaire ne peut imaginer. Le Christ n'était pas un homme ordinaire et c'est pourquoi il a connu de grandes épreuves, de grandes tensions. Du fait de cette grande tension, le sang a coulé des pores de sa peau, mais il a tout supporté. Sous le coup d'une telle souffrance, le cœur de l'homme ordinaire aurait éclaté. Une légion entière de soldats romains a bafoué le Christ, l'a raillé, l'a insulté et enfin l'a obligé à porter lui-même sa croix. Qui aurait supporté de telles souffrances ? Il porta sa croix jusqu'à l'endroit indiqué et dit : « Maintenant, c'est vous qui allez la porter. » Celui qui comprend par quelles souffrances le Christ est passé ne peut dire de lui-même qu'il souffre. Aucun mortel n'a souffert autant que le Christ. Qui a vu son sang sortir des pores de sa peau ? Six mille soldats ne se sont pas encore moqués de vous. Vous n'avez pas été cloué à une croix. Vous n'avez pas été transpercé par une lance. Mais vous n'êtes pas non plus ressuscité. Le Christ a souffert et ressuscité pour cette unique raison que son amour était sans faille. Il a dit : « Seigneur, que Ta volonté soit faite ! Je remets mon esprit entre Tes mains. » Ce qui veut dire : quoi qu'il arrive, Seigneur, mon amour est inflexible. De même que Tu m'as aimé, de même, moi, je T'ai aimé.

Maintenant, c'est à vous que je dis : celui qui tente de rompre de lui-même le fil qui le relie à Dieu a déjà signé sa propre condamnation. A part vous-même, personne au monde n'est en état de rompre le fil qui vous relie à Dieu. Celui qui aspire à ce qui est nouveau est prêt à rompre ce qui le relie au passé, à ce qui est passager dans la vie. Il ne regrette pas d'être pauvre, de ne pas avoir de maison, de biens, mais il se réjouit. A travers toutes les difficultés, toutes les contradictions auxquelles il se heurte, il se réjouit de la vie.

Les hommes d'aujourd'hui vivent dans un monde dans lequel les anges eux-mêmes désirent entrer mais on ne le leur permet pas. Le monde dans lequel les hommes vivent est intéressant, mais peu de gens en ont conscience. Vous n'êtes pas satisfaits de votre vie, pourtant beaucoup d'anges sont prêts à échanger leur vie avec la vôtre pour la connaître. Réjouissez-vous d'avoir un billet gratuit pour vivre sur la Terre. Chacun désire avoir plus que ce qu'il a. La femme n'est pas satisfaite de son mari. Il lui a acheté une robe mais elle ne lui plaît pas, elle en désire une autre, une plus belle. Elle veut ainsi lui montrer qu'elle l'a épousé pour être comme une reine, mais que ce n'est pas ce qui s'est produit. Elle croyait qu'elle épousait un roi, or il s'est révélé n'être qu'un homme ordinaire; pour lui prouver qu'il n'est pas un homme ordinaire, le mari emprunte de l'argent à droite et à gauche afin de la satisfaire. Selon moi, celui qui aime sa femme est un roi. Celui qui aime ses enfants est un roi. S'il n'y a pas d'amour entre l'homme et la femme, entre les parents et les enfants, il n'y a pas de royaume parmi eux. La femme qui aime son mari est une reine. La mère qui aime ses enfants est une reine. En dehors de l'amour, il n'y a pas de royaume. Vous dites que vous ne voulez plus venir sur la Terre. La Terre n'est pas si mauvaise que vous vous l'imaginez. Si elle était mauvaise, jamais Dieu ne serait descendu sur Terre. Il ne se serait pas incarné. Dès lors que Dieu s'est incarné et qu'il est descendu sur la Terre, cela montre que c'est un bon endroit. La Terre est bonne. Puisqu'elle plaît à Dieu, pourquoi ne vous plairait-elle pas ?

« La vie éternelle, c'est de Te connaître, Toi l'Unique, le Vrai Dieu et le Christ que tu as envoyé. » Dieu a créé le monde; II veille sur tous ses enfants avec patience et indulgence. Il sait qu'ils deviendront raisonnables et qu'ils accompliront Sa volonté.

(4e causerie du Maître, le dimanche 31 octobre 1943, 10 heures, à Sofia-lzgrev.)

 

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